12 mai - 21 juillet 2012

Benoît Bonnemaison-Fitte

Tout et Rien

À cette occasion, Fotokino et Nicole Crême publient Le Bon pli n°5, et une affiche imprimée en direct le jour du vernissage. Plus de détails.

Benoît Bonnemaison-Fitte (ou Bonnefrite, ou Bonfrit, c’est selon l’humeur) est un drôle de gus. Depuis une quinzaine d’années, dans son village de Haute-Garonne, il creuse un sillon peu commun dans le monde du dessin et du graphisme. La plupart du temps, ses images se retrouvent sur des supports de communication, pour des compagnies de théâtre, des festivals, des programmations culturelles diverses et variées. Pour des soirées à la piscine du village aussi. Parfois, il dessine en direct sur des lectures, de la musique ou des spectacles. De temps à autre, il peint directement sur les murs des éléments de signalétique. Et il lui est arrivé d’écrire un livre d’images, Le Voyage de Gus.

Sa pratique est atypique. Elle s’apparente au graphisme, dans un secteur où la main s’efface souvent devant la machine. Si l’on devait accoler un titre professionnel à Benoît Bonnemaison-Fitte, ce serait sans doute « affichiste ». Mais un affichiste tel qu’il s’imaginait dans la tradition d’avant l’informatique : le geste au centre, et la technique en périphérie. C’est d’ailleurs cet imaginaire-là, celui de la réclame colorée et des formes justes des années 1930-1960, que l’on trouve dans les greniers et les magazines au papier jauni, qui façonne son imaginaire : « J’ai une méthode de travail qui repose sur le glanage. Je ne vais pas chercher mes sources d’inspiration dans les expositions ou les catalogues, mais dans les objets que je récupère. C’est le moyen pour moi d’être en totale autonomie : je travaille avec ce que je trouve, et j’accorde autant d’importance à la façon de les trouver que dans l’utilisation que j’en fais. Des livres, des jouets, des affiches, des billes, des bagnoles... »

Puisant dans un bric-à-brac populaire d’objets, de formes et d’imageries, il transforme l’ordinaire en incongru, le banal en irréel. Son vocabulaire visuel se fait tout à la fois. Joyeux et inquiétant. Bavard et silencieux. Précis et brouillon. Calme et nerveux. Lumineux et ténébreux. Coloré et noir. Plein et vide. Tout et rien. Au pays du dessin, Benoît Bonnemaison-Fitte, crayon à la main, voyage à cheval dans un paysage de contraires. Un paysage sauvage, bizarre et merveilleux, peuplé de créatures fantomatiques et indéterminées, qui trouve naturellement sa place dans le Studio Fotokino, puisque cela fait plus de cinq ans que nos routes se croisent.

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