1er mars – 20 avril 2014

Charles Fréger

Fabula

Vernissage
Samedi 1er mars à 11h

Studio Fotokino
33 allées Léon Gambetta, Marseille 1er

Exposition ouverte du mercredi au dimanche
de 14h à 18h30

Publication du flip book La Danse du lion à l’occasion de l’exposition.

Dès ses années d’études à l’école des Beaux arts de Rouen, Charles Fréger entreprend de photographier des groupes de personnes, et les vêtements qui les identifient. Patineuses, joueurs de water-polo, légionnaires, majorettes, ouvriers, hommes-sauvages... Depuis, des dizaines de séries de portraits ont été réalisées. On pourrait parler d’inventaire, ou de projet encyclopédique, comme le titre générique de ce projet le suggère : « Portraits photographiques et uniformes »    ; et la neutralité apparente des prises de vue, le systématisme du protocole, accentuent cette première impression.

Mais si le photographe met un certain ordre dans le cadre, c’est pour laisser toute sa place à la fascinante beauté sculpturale des tenues, et à la poésie (ou l’humour, la fantaisie, la gravité) que le regardeur pourra déceler dans ce que les sujets nous donnent à voir. Car si le caractère sériel de sa démarche enregistre ce qui définit le commun au sein d’un même groupe, la précision du détail et l’épure de l’image nous permettent de découvrir ce qui demeure singulier en chacune des personnes les constituant.

En revêtant un uniforme, un costume, chacun endosse une histoire, des usages, et assume de s’effacer derrière lui. Paradoxalement, ce geste constitue également une forme de revendication, d’affirmation, voire d’exhibition : de ses choix politiques, de ses fantasmes, de son imaginaire intime. Porter une tenue située hors de l’ordinaire confère à ceux qui l’endossent un statut qui l’est tout autant. La majesté des uniformes et l’éclat des costumes laissent ainsi transparaître la tension qui peut exister entre les désirs de l’être face aux logiques du groupe.

Imaginée pour le Studio Fotokino, l’exposition Fabula met en exergue la question de la mise en scène. Avec cette quarantaine de photographies, on découvre des sujets se présentant à nous dans une véritable posture théâtrale, comme le feraient les acteurs d’une troupe. Dans une abondance de couleurs, les corps et les habits jouent des contrastes et des métamorphoses : de jeunes gens bien apprêtés en lycéens british explosent dans une danse rageuse, des militaires indiens semblent donner la réplique dans une comédie romantique, une jeune chanteuse chinoise braque sur nous un regard martial... Chacun semble ne pas être là où on l’attend.

Tout comme l’artiste lui-même, devenu le temps d’une chorégraphie (et un peu plus), danseur de l’Opéra de Shangai, comme en témoigne la performance « Lu Qian Ren ». Fabula, ou l’art de la mise en scène théâtrale en latin.