4 - 26 mai 2013

Charles Fréger, Muriel Moreau, Karine Rougier

Là où vivent les êtres sauvages

Studio Fotokino
33 allées Léon Gambetta
13001 Marseille

Vernissage le samedi 4 mai à 11h

Exposition du mercredi au dimanche
de 14h à 18h30

Atelier Scènes de chasse avec Muriel Moreau le 5 mai

Atelier Totem avec Karine Rougier le 25 mai

Coproduction Marseille-Provence 2013

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Là où vivent les êtres sauvages rassemble le travail de trois artistes au langage visuel très différent mais réunis par une sensibilité commune pour la question de l’étrangeté. Cette exposition mettra en regard photographies, dessins, gravures, objets, films et nous fera rentrer sur un territoire étrange et sauvage.

Charles Fréger est photographe. Depuis une douzaine d’années, il constitue un formidable inventaire photographique sur la question des uniformes. Sportifs, militaires, ouvriers, les hommes et les femmes sont considérés à travers leur tenue, leur seconde peau. Récemment il a réalisé une incroyable quête des tenues folkloriques que revêtent chaque année, dans toute l’Europe, de la France à la Bulgarie, de la Finlande à la Sardaigne en passant par la Grèce et l’Allemagne, des hommes, le temps d’une mascarade multiséculaire. En devenant ours, chèvre, cerf ou sanglier, homme de paille, diable ou monstre aux mâchoires d’acier, ces hommes célèbrent le cycle de la vie et des saisons, et entrent littéralement dans la peau du « sauvage ».

Muriel Moreau est, en premier lieu, graveuse. Sa maîtrise si particulière de l’eau forte mêle les formes végétales et organiques, dans une symbiose qui nous évoque les mots de Léonard de Vinci : « Le corps de la terre est sillonné d’un réseau de veines, toutes jointes ensemble. » Ses gravures sont autant une évocation du corps animal que la cartographie improbable d’un territoire primitif. Elle décline ses recherches dans des films quasi-burlesques où les frontières entre l’humain, l’animal et la nature s’effacent définitivement. Elle s’y grime dans des vêtements de peu, coiffée de masques que l’on aurait du mal à attribuer avec certitude à une forme animale ou végétale.

Ces frontières sont tout aussi floues dans le travail de Karine Rougier. Ses dessins proches de la miniature entremêlent des univers indécis où l’étrange côtoie la douceur, l’inquiétude côtoie le rêve. Attirés par tel ou tel détail, les scènes qu’ils mettent sous nos yeux nous plongent constamment dans de nouvelles perceptions, nous insufflent de nouveaux sentiments, nous interrogent. La question du masque, en tant que visage cachant un visage, est évidement présente dans son travail, comme un motif de l’enfance, un accessoire de rituels occultes, mais aussi comme une métaphore de ses propres dessins, sans cesse en train de nous raconter des histoires.