Gianpaolo Pagni

Very Much

Empreintes, tampons, gravures, pochoirs, aplats... le vocabulaire de Gianpaolo Pagni est un lexique complet des techniques d’impression artisanales. Son exposition nous dévoile l’étendue de ses applications.

Very Much d’abord parce qu’il s’agit ici d’accumulation. Gianpaolo Pagni collectionne, décline et inventorie les formes. Travaille en série. Pour n’en prendre qu’une : chaque dessin de Mirandola est une somme de motifs accompagnés d’un numéro, il y en a aujourd’hui plus de 450. À première vue, on tente de décrypter un message rédigé dans un amusant protolangage. Puis elles nous apparaissent telles des madeleines proustiennes : chaque forme est tamponnée à l’aide d’objets divers et variés qui sont un jour ou l’autre passés sous la main du collectionneur. Il s’agit bien d’un langage, celui qui lie les images aux souvenirs, et comme pour un journal intime, le langage du temps qui passe.

Very Much ensuite car à l’image du serial painter qu’il nous a offert pour notre dernier Fotokino illustré, Gianpaolo Pagni n’est pas avare de couleurs. Les très nombreux dessins qui peuplent cette exposition en attestent. Les silhouettes se découpent et plongent dans des mers de rouge carmin et de jaune anis, dans des motifs répétitifs qui nous évoquent tout autant les papiers d’origami que les textiles africains.

Very Much aussi car il présente ici une série de dessins réalisés sur un matériau des plus économiques  : des exemplaires du magazine (gratuit) Very. Manière sans doute de désacraliser le dessin et d’en faire un objet du quotidien, un compagnon de tous les jours. Un objet à aimer very much.


Exposition du 3 au 24 décembre à la Galerie Montgrand
École supérieure des beaux-arts de Marseille
du mardi au vendredi de 14h30 à 18h
samedi et dimanche de 11h à 18h
vernissage mercredi 2 à 17h