2 - 24 novembre 2013

Isidro Ferrer

Nature nomade

Studio Fotokino
33 allées Léon Gambetta
13001 Marseille

Vernissage et lancement du Bon pli, sérigraphie éditée avec Nicole Crême
le samedi 2 novembre à 11h

Exposition du mercredi au dimanche
de 14h à 18h30

Brunch Bla-Bla, rencontre en cuisine Dimanche 3 novembre à 11h au Studio
Passez à table avec Isidro Ferrer, au cœur de son exposition. Autour d’un brunch d’inspiration ibérique confectionné par Isidro et Fabienne Sitri, marmitonne, la discussion musarde sur les chemins de création de notre invité. Sur réservation, places limitées, 12 €.

Coproduction Marseille-Provence 2013

Attention, ouvrez bien les yeux, tout va aller très vite. Voilà, c’est déjà passé. On vous avait prévenu ! Isidro Ferrer a ouvert sa valise de prestidigitateur, en a extrait quelques bouts de bois et de ferraille, et vous a embobiné le regard avec l’un de ses tours de passe-passe visuels. Avant les arts de l’image, sa passion était pour ceux de la scène, et nul n’en doutera. Isidro Ferrer poursuit avec ses décors miniatures et ses petits acteurs en costume de peinture, ce que le théâtre pouvait lui offrir à taille humaine.

Comme beaucoup d’autodidactes de son espèce, il avance dans le monde à l’intuition, curieux de tout, et se constitue une culture maison avec un appétit gargantuesque. La liberté de son expression, du design graphique à l’édition, en passant par le dessin ou la scénographie, l’apparente à cette famille d’artistes, de Calder à Joan Brossa, qui ont pris plaisir à développer une œuvre polymorphe.

Des objets usés, une texture, des traces, une ombre... ses compositions sont faites de peu, mais sont riches en débouchés du côté imagination. C’est cette magie-là qu’Isidro joue à renouveler à chaque fois, une paire de ciseaux dans une main, un bout de bois dans l’autre, et un pinceau entre les dents. Fourchettes, tasses à café, maisons, tire-bouchons, feuilles d’arbres... la langue d’Isidro Ferrer est faite d’une phonétique en forme d’objets qui expriment le quotidien dans sa plus grande familiarité, et les détourner de leur usage premier, ou de leur forme originelle, est comme énoncer d’emblée que la réalité bascule ici dans le monde du rêve et de la poésie.

Dans les personnages de bois créés pour cette exposition, ou les assemblages du Cahier de vacances présentés ici, on sent pour chaque détail la présence d’une main joueuse et d’un cœur en bonne forme, réceptif aux forces centrifuges de la vie : l’amitié, l’amour, la mort, la tristesse, la joie. C’est ainsi que ses images nous parlent, en dépassant les enjeux séducteurs du design ou de l’illustration pour se consacrer à l’ambition d’émouvoir et de donner à penser.