Soirée d’ouverture

Histoires à dormir debout

Faite de mécaniques bizarres et de puissances magiques cette séance regroupant Le Cavalier bleu de Bertrand Mandico, Un Âne de Aline Ahond et Le Tempestaire de Jean Epstein, prolongera la soirée d’ouverture et nous fera entrer dans la nuit par la plus étrange des façons.

Dès 12 ans


Le Cavalier bleu

de Bertrand Mandico

France, 1998, 11’. Musique de Frédéric Acquaviva.

Le cavalier bleu s’évade de son antre et part à la découverte d’un monde onirique et étrange. Embarqué dans des manipulations en tout genre, il finit par devenir lui-même une légende.

“De bleu, ce cavalier n’avait plus que le nom et traversait, totem de chiffon et de bois, les perspectives floues et contrecachées d’un mystère sépia. Une petite mécanique, précise comme une horlogerie suisse, faite de chausse-trape et de secrets d’alcôves, éclairée par un flux lumineux aussi tressautant et incertain que celui des premiers projecteurs, laissait briller par-ci par-là l’éclat d’une lentille ou s’exhaler de la bouche d’un personnage un fugitif motif de ouate...”
Pascal Vimenet, Bertrand Mandico ou l’intrapesception, 2007

Bertrand Mandico est l’un des invités de Laterna magica, il présente à la galerie Rue Montgrand son exposition Fenêtres sous bois composée de polaroids et de films inédits, ainsi qu’une rétrospective de ses films courts le soir du vernissage.


Un Âne

de Aline Ahond

France, 2002, 9’. Avec Robert Benett.

Un âne à corps d’homme - un homme à tête d’âne ? - ne quitte jamais son habitat. Depuis son arbre, il passe le temps, et contemple le paysage environnant.

“Un Âne, techniquement, est vraiment la somme de tout ce que j’avais pu tester, expérimenter sur des films d’habillage que j’avais fait pour Arte ; surimpression, rétroprojection, animation et prise de vue réelle, projection de diapos sur le décor. Autant de trucages en direct à la façon de Méliès que je voulais utiliser pour rendre cet univers que je voulais onirique et mélancolique. L’histoire d’un être mi homme mi âne qui s’ennuie seul dans son arbre, il contemple la nature à ses pieds en bas et la voit se transformer au gré des éléments (feu, neige, vent…) jusqu’à vouloir la rejoindre.”
Aline Ahond, entretien avec Ricochet, 2007.

Aline Ahond sera présente sur Laterna magica dès le vendredi 7 décembre pour présenter à l’Alcazar ses techniques de prise de vue et quelques uns de ses films (voir rubrique "Rencontres").


Le Tempestaire

de Jean Epstein

France, 1947, 20’

La tempête se lève, une femme a peur pour son amant parti en mer. Seul le Tempestaire peut calmer les éléments...

Toujours à la recherche de formes nouvelles, menant de front ses travaux littéraires et cinématographiques, Epstein, à partir de 1929, délaisse l’esthétisme de ses premiers films pour le documentaire social : il va tourner en Bretagne des films austères, joués par des non professionnels, dans leur langue. Ce n’est qu’au lendemain de la guerre qu’il réalisera Le Tempestaire, synthèse de son inspiration réaliste et de ses recherches formelles.