Soirée d’ouverture

Le Gros et le maigre

Les premiers films de Roman Polanski ressemblent à une rencontre entre Tati, Chaplin et Beckett. Véritables pièces d’orphèvrerie burlesques, pleins d’humour et de liberté, ils possèdent aussi en germe la corrosité de ses films suivants. C’est avec un très grand plaisir que nous avons choisi d’ouvrir la manifestation avec trois d’entre-eux.

Dès 8 ans
Vendredi 5 décembre à 20h aux Variétés

Cette séance se composera d’un programme des 3 films de Roman Polanski, précédés d’un film de Jan Svankmajer, Une semaine tranquille à la maison :


Deux hommes et une armoire

de Roman Polanski

Pologne , 1956, sans parole, 16’

Deux hommes sortent de la mer portant une armoire. En ville, ils tentent de l’offrir... mais personne ne semble très intéressé. Arrivés sur la terre, les deux compères forment un duo antithétique. L’un grand et maigre, l’autre plus petit et costaud. Ils inaugurent les duos Polanskiens basés sur une forte opposition corporelle dont Le Gros et le Maigre, le duo burlesque dans Les Mammifères ou encore celui du Bal des Vampires en 1967 (le maître et son élève) et Pirates dix ans plus tard (le vieux pirate et son mousse). Mais nous devrions peut-être parler ici d’un trio, l’armoire étant un protagoniste à part entière, l’œil sur tout.

« J’avais fait appel pour les rôles principaux à deux camarades du métier qui représentaient le contraste physique absurde dont j’avais besoin : le petit Kuka Goldberg, avec son visage tout ratatiné et un élève de quatrième année, Henryk Kluba, qui était prématurément chauve. »


Les Mammifères

de Roman Polanski

Ssaki - Pologne, 1962, 11’

De la neige. Une luge. Et deux hommes. Qui aura le privilège de s’assoir dessus ? Le plus inventif des deux sans doute...

Le titre en dit long. Une autre traduction pourrait l’intituler en français Les Bipèdes familiers. Ce film s’inscrit en effet dans l’observation amusée et acerbe du genre humain que le cinéaste poursuit dans l’ensemble de sa filmographie.


Le Gros et le maigre

de Roman Polanski

France, 1960, 16’

Le maigre danse, joue de la flûte, amuse et sert son maître oisif, le gros, qui passe les jours en se prélassant au soleil. C’est la loi du plus fort.

Premier court professionnel réalisé par Roman Polanski, Le Gros et le Maigre est aussi le premier film français mis en scène par le cinéaste, alors âgé de vingt sept ans et tout juste sorti de l’école de cinéma de Lodz (Pologne). Ce récit en noir et blanc, intégralement muet, cultive un esprit cartoonesque à la Tex Avery, le théâtre de l’absurde à la Beckett et le burlesque poétique à la Chaplin. Le film s’inscrit en ce sens parfaitement dans le prolongement de Deux Hommes et une armoire et annonce Mammifères.


Une semaine tranquille à la maison

de Jan Svankmajer

Tichý týden v dome - Tchécoslovaquie, 1969, 20’

Chaque jour, un homme perce un trou dans l’une des portes d’une maison abandonnée, un spectacle merveilleux et surréaliste se dévoile alors à lui.

Débutée en 1964, la filmographie de Jan Svankmajer est l’une des plus singulières du cinéma en général et de l’animation en particulier. Ses influences surréalistes, sa technique unique et son regard aiguisé sur la condition humaine ont nourri ses très nombreux films. Outre Une semaine tranquille à la maison, dont la copie nous vient de Prague, nous présentons cette année Alice et Jabberwocky, autres œuvres remarquables de cet auteur hors-normes.