Soirée d’ouverture - Ciné-concert avec Gildas Étévenard

Le Bonheur

de Alexandre Medvedkine

Scast’e - URSS, 1934, 65’, muet
Création musicale originale de Gildas Étévenard

“Le Bonheur ou l’histoire de l’infortuné Khmyr”, annonce le sous-titre, mais aussi de sa femme-cheval, de son opulent voisin Foka ou encore du Pope. Khmyr est un homme simple, un modeste paysan que la vie accable des pires tourments. Sommé par sa femme Anna d’aller trouver le bonheur, Khmyr, misérable et désespéré, part sur les routes de terre de la steppe russe. Sur sa route, il trouve une bourse remplie d’argent, s’achète un cheval à pois qui lui rapporte une récolte abondante... le bonheur, enfin ?

Dernier film muet du cinéma soviétique, Le Bonheur est une rareté tragico-burlesque, une sorte de “Chaplin nouveau modèle” selon l’expression d’Eisenstein. Medvedkine (1900-1989), bolchevique de la première heure, fait paradoxalement, avec Le Bonheur, un film dans lequel le héros, fainéant et désinvolte, est aux antipodes de l’idéal stalinien du paysan. Raison pour laquelle ce film qui frôle avec l’anarchisme n’est pas resté longtemps à l’affiche, et que son héros burlesque, contrairement à un Charlot (Chaplin) ou un Malec (Keaton), ne fut porté à l’écran qu’une seule fois.

Projection accompagnée en direct par Gildas Étévenard (batterie, percussions). Gildas Étévenard a largement forgé sa réputation en jouant avec les meilleurs musiciens de la scène jazz et musiques improvisées françaises. En 2001, il crée le groupe Melc à Marseille, propose en 2003 sa première création, Firanghi et se produit également depuis 2000 en duo, trio ou quartet en compagnie du saxophoniste hongrois Akosh S. Ensemble, ils sortent le double album Nem Kellet Volna en 2005, et collaborent sur plusieurs projets liés au théâtre, en particulier en compagnie de Josef Nadj avec qui ils créent le spectacle Paysage après l’orage.

Dès 8 ans.


Une Nuit sur le mont Chauve

de Alexandre Alexeieff et Claire Parker

France, 1933, 8’

En avant-programme du Bonheur.
Classique du cinéma d’animation expérimental, ce film est une évocation en “gravure animée” des rites que les enchanteurs et les magiciens tenaient autrefois sur le mont Chauve, près de Kiev.

En 1933, Alexandre Alexeïeff et Claire Parker réalisent ensemble leur premier film avec la technique de l’écran d’épingles, Une nuit sur le mont chauve, illustration fantastique de la musique de Modeste Moussorgsky. Ils en réaliseront quatre autre en utilisant cette même technique : En passant (1944), Le Nez (1963), Tableaux d’une exposition (1972) et Trois thèmes (1980).